Les pratiques de chasse cruelles

Dans le détail, la proposition de loi vise à mettre fin aux pratiques suivantes :

Les chasses cruelles, 2 ans après promulgation de la loi

Notre proposition de loi ne vise pas à interdire la chasse, elle vise à interdire les chasses les plus cruelles. Sont concernées :

  • chasse à courre ;
  • chasse au leurre ;
  • vénerie sous terre ;
  • chasse à la glu ;
  • chasse à la tendelle ;
  • chasse à la matole ;
  • chasse aux pantes ;
  • tenderie aux vanneaux ;
  • tenderie au brancher.

Controversée, la chasse à courre est par exemple interdite en Angleterre depuis 2005. Outre le caractère cruel de cette pratique (mise à mort suite à l’épuisement de l’animal), elle ne contribue pas à la nécessaire régulation des espèces. La chasse à courre constitue aujourd’hui le loisir d’une minorité. La France compte aujourd’hui 400 équipages pour 10 000 chasseurs, 30 000 chiens et 7 000 chevaux d’après la Fédération Nationale des Chasseurs. Un sondage IFOP montre que les Français désapprouvent cette pratique à 84%, en nette progression depuis 2005.

Moins connue que la chasse à courre, la vénerie sous terre constitue une activité tout aussi révoltante. Cette pratique, qui coûte la vie à 12 000 blaireaux par an et qui concerne également les renards, consiste à introduire dans les terriers des animaux de petits chiens dressés pour acculer la bête chassée au fond de son habitat. Ceux-ci, acculés et mordus pendant plusieurs heures par les chiens, subissent ainsi de longues heures de souffrance et de stress. Les chasseurs, guidés par les aboiements des chiens, creusent jusqu’à atteindre l’animal chassé au moyen de pelles et de pioches. L’animal est ensuite extirpé de son terrier au moyen d’une grande pince métallique, avant d’être tué à l’arme blanche ou d’un coup de fusil, quand il n’est pas livré aux chiens. La règlementation en vigueur, qui limite les violences des chiens, est dans les faits inapplicables dès lors que les rencontres entre animaux chassés et chiens ont lieu plusieurs mètres sous terre. De nombreux pays ont interdit cette pratique tels le Royaume-Uni, l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse ou encore le Portugal.

Quant aux autres chasses comme la chasse à la glu, la cruauté des méthodes et le stress qu’elles imposent aux animaux ainsi capturés ou tués ne peut faire de doute. Ces chasses présentent, en outre, la particularité de ne pas être non-sélectives, entraînant ainsi la disparition d’oiseaux appartenant à des espèces protégées. Cette non-sélectivité plaide également pour l’interdiction de ces pratiques : la Commission européenne a ainsi demandé à la France, en juillet 2020, de mettre fin à ces méthodes qui contreviennent à la directive dite « Oiseaux » n° 2009-147.

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